Documentation sur le nucléaire et le désarmement

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Mise à jour : 10 octobre 2017

Arielle Denis (Responsable de la Campagne ICAN - Europe, Afrique, Proche-Orient) :

  • Armes nucléaires : un pas de plus vers l'interdiction (décembre 2013)

  • Des documents (format PDF)
    Liste de textes sur la non prolifération nucléaire (certains sont disponibles sur le site de l'Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale http://www.ihedn.fr  (marqué "voir document")
    1 - La déclaration tripartite ou des Trois Nations, (Etats-Unis, Grande-Bretagne, Canada) faite à la Maison Blanche, à Washington, par Truman, Attlee et King, à la suite d'une croisière sur le Potomac, le 15 novembre 1945


    2 - Le rapport Acheson-Lilienthal, rendu public le 16 mars 1946. Il propose la création d'une ADA (Atomic Development Authority)


    3 - Le plan Baruch présentant la position américaine devant la commission de l'Energie Atomique des Nations Unies (14 juin 1946)


    4 - La loi Mac Mahon de juillet 1946 ou Atomic Energy Act

    5 - La déclaration, devant les Nations Unies, de Molotov annonçant que l'URSS détient le secret de l'arme nucléaire (novembre 1947)

    6 - Le discours "Atoms for Peace" présenté par Eisenhower devant l'Assemblée générale des Nations Unies le 8 décembre 1953
    Dans le tome 1 de ses mémoires (Mes années à la Maison Blanche 1953-1956, Robert Laffont, 1963), il en rappelle les points principaux par des citations directes ou indirectes, pages 300-302.
    Disponible à l'IHEDN (cote M-409)
    On trouvera également le texte intégral en anglais à la cote DF 9 210/11

    7 - L'amendement de la loi Mac Mahon (17 février 1954)
    Texte des modifications dans Notes et Etudes documentaires n° 2425 du 17 juin 1958 - Texte , en outre , de l'amendement apporté par la loi du 26 août 1964 dans les annexes du livre : Aspects du droit de l'énergie atomique , tome 2 , CNRS , 1967 .
    Disponible à l'IHEDN (cote DF 36 Etats-Unis 535)

    8 - Le message du président Eisenhower, présentant au Congrès l'amendement de la loi Mac Mahon (17 juin 1954)
    Texte dans Articles et Documents n° 021 du 20 février 1954

    9 - Le statut de l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (AIEA) signé à New York le 26 octobre 1956 (amendé en 1963, 1973 et 1989) voir document

    10 - Le statut d'EURATOM (CEEA : Communauté Européenne de l'Energie Atomique) adopté à Rome le 25 mars 1957
    Texte dans "Les traités européens"
    Disponible à l'IHEDN (cote USUEL D-22)

    11 - Les garanties INF CIRC/66 REV.2 fournies par l'AIEA d'après la circulaire du même nom datée de 1966
    Document en anglais disponible à l'IHEDN (cote DF - 210/11)

    12 - Le traité sur la non prolifération des armes nucléaires (TNP) signé le 1er juillet 1968 voir sur ce site


    13 - Le modèle d'accord INF CIRC/153, élaboré en 1972. Tout Etat qui a adhéré au TNP depuis 18 mois au plus doit en conclure un de ce type avec l'AIEA
    Disponible à l'IHEDN (cote USUEL D-38)

    14 - La "Liste de déclenchement" fournie pour la première fois en 1974 par le Comité Zangger à l'AIEA (Comité fondé par cette dernière avant 1971) et actualisée au fil des années

    15 - Les Directives de Londres adoptée le 21 septembre 1977 et rendues publiques en 1978 par le Comité du même nom (fondé en 1974 après l'explosion nucléaire indienne et rebaptisé GFN, Groupe des Fournisseurs Nucléaires, après la guerre du Golfe).
    Le texte a été adopté initialement par les Etats suivants : RFA , Canada , France , Royaume-Uni , URSS , Japon , Etats-Unis , Pays-Bas , Italie , Suède , Belgique , Tchécoslovaquie , Pologne , RDA , Suisse .
    voir document

    16 - Le Nuclear Non Proliferation Act (NNPA) promulgué en août 1978 par le gouvernement des Etats-Unis


    17 - La Conférence chargée d'examiner le TNP et la question de sa prorogation s'est tenue du 17 avril au 12 mai 1995. Le document final, NPT CONF. 1995/32 comprend 3 éléments :
    a) l'organisation et le travail de la conférence
    b) les documents élaborés par la conférence elle-même
    c) les procès-verbaux

    18 - L'AIEA a mis en circulation le document INF CIRC/174 le 12 juin 1995 à la demande de l'Australie. Il comprend :
    a) les textes des travaux des comités 2 et 3 lors de la conférence de prorogation du TNP
    b) la déclaration finale de cette conférence

    19 - Le protocole additionnel aux accords de garanties (INF CIRC/540) approuvé le 15 mai 1997 par le Conseil des gouverneurs de l'AIEA dans le cadre du programme 93 + 2

    20 - Le traité d'interdiction complète des essais nucléaires (TICE, CTBT) : voir sur ce site

    Des ressources sur Internet

    Sites ONU sur désarmement :  

     

    Sites internationaux
    Bureau International de la Paix - IPB http://www.ipb.org/web/seccion.php?tipus=Programmes-Disarmament 
    Comité des ONG pour le désarmement http://disarm.igc.org/
    Réseau Abolition 2000 http://www.abolition2000.org/ 

     

    Sites d'Amérique du nord  utiles à la question :
    Le Groupe des 78 est une association à titre informel de Canadiens qui ont pour but d'atteindre que le monde considère comme priorités essentielles la paix et le désarmement, le développement équitable pour tous et le renforcement total du système des Nations Unies. http://www.hri.ca/partners/G78/French/Peace/bmdfr.shtml 
    Sites officiels des USA en matière de défense nationale et du nucléaire http://www.state.gov/www/global/arms/bureau_ac/treaties_ac.html 

    http://www.whitehouse.gov/nsc/nss.html 

    Centre d'Etudes Internationales et Mondialisation (Université du Québec à Montréal) - CEIM http://www.ceim.uqam.ca/ 
    Centre d'Etudes des Politiques Etrangères et de Sécurité (Université du Québec à Montréal) - CEPES http://www.er.uqam.ca/nobel/cepes/
    The Nuclear Age Peace Foundation's Nuclear http://www.nuclearfiles.org/hinonproliferationtreaty/99-npt_index.html 
    Carnegie Endowment for International Peace - CEIP http://www.ceip.org/programs/npp/start2.htm 
    L’INSTITUT POUR LA RECHERCHE SUR LÉNERGIE ET LENVIRONNEMENT (textes en français de la publication Energie et Sécurité qui traite notamment des thèmes de la non prolifération) http://www.ieer.org/ensec/frncmain.html 
    Site du Ministère canadien des Affaires Etrangères http://www.dfait-maeci.gc.ca/nndi-agency/nnpdia/francais/nnpdia-6.html 

     

    Sites d'Asie utiles à la question :
    Ministère chinois des affaires étrangères (en français) http://www.fmprc.gov.cn/fra/xwfw/fyrth/lxjzzdh/t25235.htm 
    Ministère indien des affaires étrangères (en anglais) http://meaindia.nic.in/ 

     

    Sites d'Europe  utiles à la question :
    Mouvement de la Paix (site national) http://www.mvtpaix.org 
    Centre de documentation et recherche sur la paix et les conflits http://obsarm.org/ 
    "Les dessous de cartes" émission de Arte http://www.arte-tv.com/hebdo/dessouscartes/20010120/ftext/start.html 
    Réseau européen Fondation Russels http://www.russfound.org/ 
    Dossier du Monde Diplomatique sur le TNP http://www.monde-diplomatique.fr/glossaire/conflits/tnp
    Association des Vétérans des Essais Nucléaires www.aven.org
    Dossiers du Sénat français sur l'interdiction complète des essais nucléaires http://www.senat.fr/dossierleg/pjl02-425.html 

    http://www.senat.fr/themes/tr29.html

    Dossiers de l'Assemblée nationale française sur la défense dont le nucléaire http://www.assemblee-nat.fr/12/cr-cdef/03-04/liste.asp
    Dossier de la Documentation Française http://www.ladocfrancaise.gouv.fr/dossier_actualite/desarmement/monde.shtml#ctbt 
    Acronym Institut (Grande Bretagne) http://www.acronym.org.uk/docs/index.htm
    Commission de Recherche et d'Information indépendante sur la Radioactivité http://www.criirad.com/criirad/default.htm
    Fondation GIPRI (Genève) http://www.gipri.ch/spip/
    Délégation  française auprès de la commission de l'ONU sur le désarmement à Genève http://www.delegfrance-cd-geneve.org/ 

    Ministère français de la défense ; une chronologie des initiatives françaises en matière de désarmement et de non-prolifération nucléaires.

    http://www.defense.gouv.fr/actualites/dossier/d24/contenu.html 

     

    Chronologie du développement des armes nucléaires en Asie du sud

    1960: Le réacteur de recherche CIRUS (Canadian-Indian Reactor-United States -- Réacteur Indien-Canadien-Etats-Unis), de 40 MWt, est mis en activité en Inde. Il était appelé ainsi parce qu'il avait été acheté à Atomic Energy of Canada, Ltd (AECL) et que l'eau lourde était fournie par les Etats-Unis.

    1962: Un conflit frontalier voit le jour entre la Chine et l'Inde. D'autres tensions indo-chinoises, telles que celles à propos du Tibet, poussent la Chine à fournir une assistance militaire au Pakistan.

    1963: L'Inde signe un contrat avec General Electric pour la construction de deux réacteurs à eau ordinaire de 210 MWe à Tarapur. Un contrat de trente ans est signé avec les Etats-Unis pour la fourniture du combustible pour la centrale. Les envois de combustible sont suspendus après l'essai indien de 1974.

    1964: La Chine procède à des essais nucléaires; Homi Bhabha (directeur du Département indien de l'énergie
    atomique) affirme que l'Inde peut fabriquer une bombe atomique en dix-huit mois.

    L'installation de retraitement de Trombay, d'une capacité nominale de 50 tonnes de combustible par an, s'ouvre au Centre de recherche atomique de Bhabha (BARC) en Inde. Il fut fermé en 1974 pour des problèmes de corrosion, puis reconstruit et ouvert à nouveau en 1983 ou 1984.

    1965: Deuxième guerre indo-pakistanaise Un réacteur de recherche de 5 MWt donné par les Etats-Unis est construit à Pinstech au Nilore, au Pakistan. La capacité est augmentée jusqu'à 8­10 MWt avec l'aide de la France.

    Le Premier ministre pakistanais, Ali Bhutto, déclare que si l'Inde développe des armes nucléaires, le Pakistan va «manger de l'herbe ou des feuilles, voire même jeûner» afin de développer à son tour un
    programme nucléaire.

    1971: Guerre pakistano-bangladeshi-indienne. La répression menée par l'ouest du Pakistan aboutit à une crise dans la région, notamment à un mouvement sécessionniste dans l'est du Pakistan, qui va devenir plus tard le Bangladesh. L'Inde intervient aux côtés du
    Bangladesh. Les Etats-Unis envoient un porte-avions nucléaire, l'Enterprise, dans la baie du Bengale.

    1972: Le réacteur KANUPP à eau lourde, acheté au Canada, est mis en activité au Pakistan.

    1974: le 18 mai: A Pokhran, le gouvernement indien procède à un essai nucléaire, qu'il qualifie d'«explosion nucléaire pacifique». Le Pakistan intensifie son programme de bombes atomiques.

    1976: Les Engineering Research Laboratories (laboratoires de recherche et d'ingénierie) ou (ERL) sont établis au Pakistan avec pour but d'enrichir de l'uranium en
    utilisant la technologie de centrifugation.

    1977-80: Construction d'une usine pakistanaise de production d'hexafluorure d'uranium; les pièces sont fournies par l'Allemagne.

    1979: Une installation pilote d'enrichissement d'uranium démarre à Sihala, au Pakistan; la construction d'une installation de taille réelle commence à Kahuta.

    Avril: Les Etats-Unis imposent des sanctions au Pakistan après avoir été informés de leur programme d'enrichissement.

    L'usine de retraitement PREFERE est ouverte à Tarapur (près de Bombay, en Inde). Sa capacité est de 100 à 150 tonnes par an.

    Révolution en Iran. Début de la crise des otages à l'ambassade américaine de Téhéran.

    Décembre: Les troupes soviétiques occupent l'Afghanistan.

    1981: Le Congrés américain accorde au Pakistan une exemption de six ans de l'Amendement Symington, qui interdit toute aide à un pays non-nucléaire engagé dans une acquisition illégale d'équipements pour un programme d'armes nucléaires. Le Pakistan accepte une aide financière des Etats-Unis de 3,2 milliards de dollars pour six ans, qui comporte la vente d'avions F-16.

    1982: Essai à froid de «New Labs», une usine de retraitement à échelle réduite au Pakistan.

    1984: Janvier­juillet: Le Dr A.Q. Khan (connu en tant que père du programme d'enrichissement de l'uranium au Pakistan) annonce que la centrale Kahuta a réussi à enrichir de l'uranium (mais pas toutefois jusqu'à une qualité militaire); d'autres développements
    aboutissent à une confirmation de l'existence d'un programme nucléaire pakistanais.

    Septembre: Le président des Etats-Unis Ronald Reagan envoie une lettre au président du Pakistan,
    Mohammed Zia, menaçant de «graves conséquences» si la centrale de Kahuta est utilisée pour enrichir de l'uranium à plus de 5% d'U-235.

    1985: Le Congrés américain promulgue l'Amendement Pressler, qui oblige le président à certifier chaque année, avant que les aides financières ne soient accordées, que le Pakistan ne possède pas d'arme nucléaire.

    Eté: Le Pakistan teste avec succès un dispositif de déclenchement non-nucléaire utilisable pour une arme nucléaire.

    Décembre: Le président pakistanais Zia et le Premier ministre indien Rajiv Gandhi se rencontrent à New Delhi.

    1986: Des sources américaines rapportent que le Pakistan produit de l'uranium de qualité militaire (c'est à dire d'une concentration supérieure à 90% d'U-235).

    Décembre (à janvier 1987): L'Inde procède à des manoeuvres militaires nommées «Operation Brass Tacks» (Opération clous de cuivre) sur la frontière indo-pakistanaise.

    1987: Le Congrès américain déroge une nouvelle fois à l'amendement Symington concernant le Pakistan,
    cette fois-ci pour une période de deux ans et demi.

    1988: Février: l'Inde teste un missile balistique de courte portée «Prithvi».

    Début de la construction d'une deuxième usine d'enrichissement d'uranium à Golra, au Pakistan.

    Décembre: l'Inde et le Pakistan signent un accord écrit s'engageant à ne pas attaquer les installations nucléaires l'un de l'autre.

    1989: Février: le Pakistan annonce le succès de l'essai de deux nouveaux missiles balistiques sol-sol: Haft I et II (avec des portées de 80 et 300 km).

    Mai: L'Inde teste le missile balistique «Agni» (portée d'environ 3500 km).

    Juin: Le Premier ministre Benazir Bhutto se rend à Washington D.C. Avant son voyage, la production d'uranium fortement enrichi est stoppée, une démarche qui est vérifiée par les Etats-Unis. La production aurait, semble-t-il, repris en 1990 après une intensification des tensions au Cachemire. Le Pakistan aurait, apparemment, stoppé la production d'uranium fortement enrichi en 1991, bien que les six essais menés en 1998 suscitent quelques doutes sur les hypothèses émises habituellement sur la quantité et le calendrier de la production d'uranium fortement enrichi.

    Juillet: Le Premier ministre indien Rajiiv Gandhi se rend à Islamabad.

    1990: Mai: La situation au Cachemire se détériore, les tensions s'accroissent et la guerre entre l'Inde et le Pakistan est évitée de peu. Des rumeurs non confirmées, considérées par la suite comme mensongères, indiquent que le Pakistan envisage l'utilisation d'armes nucléaires.1

    Juin: Le gouvernement indien divulgue des allégations que la Chine aurait rejeté la requête pakistanaise d'utilisation du site d'essais nucléaires de Lop Nor.

    1995: Le Traité de Non Prolifération Nucléaire (TNP) est reconduit de manière indéterminée.

    1996: Le Traité d'Interdiction Total des Essais (CTBT) est signé. L'Inde et le Pakistan ne le signent pas.

    1998: le 6 avril: le Pakistan teste le missile à longue portée Ghauri.

    Les 11 et 13 mai: L'Inde procède à 5 essais nucléaires souterrains. Peu après les essais, l'Inde annonce un moratoire unilatéral sur les essais nucléaires.

    Le 19 mai: Dans le contexte des essais indiens, le ministre de l'Intérieur indien L.K.Advani met en garde le Pakistan en ces termes:

    «Islamabad devrait prendre conscience du changement qui a eu lieu dans la situation géostratégique de la région et du monde, et cesser sa politique anti-indienne, particulièrement en ce qui concerne le Cachemire.»2

    Le 28 et 30 mai: Le Pakistan procède à des essais nucléaires souterrains. (Selon le gouvernement pakistanais, six essais auraient été réalisés).

    Le 11 juin: le Pakistan annonce un moratoire unilatéral sur les essais nucléaires.


    Sources: Leonard Spector, Nuclear Ambitions (Boulder, Colorado: Westview Press, 1990); Leonard Spector, The Undeclared Bomb, (Cambridge, Mass.: Ballinger, 1988); Thijs de la Court, Deborah Pick et Daniel Nordquist, The Nuclear Fix: A Guide to Nuclear Activities in the Third World, (Amsterdam: Publications WISE, 1982); David Albright, Frans Berkhout, et William Walker, Plutonium and Highly Enriched Uranium 1996 (Oxford, UK: Oxford University Press, 1997); Center for Non proliferation Studies, Monterey Institute of International Studies factsheet, «Chronology of Pakistani Nuclear Development,» site internet: http://cns.miis.edu/india/paknucchron.html.

     

     

    L'Inde et le nucléaire

    Depuis les essais nucléaires indiens de mai 1998, le monde a suivi avec beaucoup d'attention la dynamique politique interne de l'Inde qui a permis l'arrivée au pouvoir de la coalition menée par le BJP. Les engagements du programme électoral du BJP comportaient la création d'un Etat hindou («Hindutva»), et donnaient le feu vert à la réalisation des essais nucléaires. En effet, le BJP était depuis longtemps d'avis que l'Inde devrait devenir un Etat nucléaire déclaré. Mais considérer que cette décision et le programme nucléaire indien, n'ont émané que d'une partie seulement du monde politique indien serait une vision à la fois limitée et trompeuse. Les essais n'auraient en aucun cas pu être réalisés sans des années de préparation scientifique, l'engagement de nombreux partis politiques (y compris le Parti du Congrès), et des parts de budget substantielles.

    Jusqu'en 1964, les dirigeants indiens, notamment Jawaharlal Nehru, le premier Premier ministre indien qui était aussi l'un des porteurs du flambeau du désarmement nucléaire au nom de l'Inde et du mouvement des non-alignés, avaient reconnu qu'il serait possible pour l'Inde de développer des armes nucléaires suite à son développement de l'énergie nucléaire. Il y avait des défenseurs d'un tel processus, à l'intérieur comme à l'extérieur de l'establishment nucléaire. Mais l'Inde ne démarra pas de programme atomique, même après sa défaite lors de la guerre frontalière indo-chinoise de 1962. Comme l'a fait remarquer le physicien M.V. Ramana, spécialiste du programme nucléaire indien,: «Nehru continuait à affirmer que le coût et les efforts nécessaires à la fabrication d'armes nucléaires et l'hypocrisie engendrée par une telle action, puisqu'il est en même temps demandé aux autres de les abandonner ne justifiait pas les petits bénéfices psychologiques du statut nucléaire.»1

    Mais les choses changèrent en 1964, une année charnière pour la politique en Inde. Nehru mourut dans le courant du mois de mai de cette année là. Et la Chine réalisa son premier essai nucléaire en octobre. Alors que le programme d'armes nucléaires chinois était mené en réaction aux menaces nucléaires américaines et à l'arrêt du soutien soviétique qui s'était produit vers la fin des années 1950, l'essai nucléaire chinois se répercuta dans une Inde, qui avait perdu une courte guerre frontalière face à la Chine en 1962. L'essai chinois donna à l'establishment nucléaire indien l'ouverture qu'il recherchait pour justifier un programme d'armes nucléaires. Depuis cette époque, le développement du programme nucléaire indien a reçu le soutien de tous les gouvernements.

    Bien que son programme d'armes nucléaires ait été développé dans un contexte asiatique, l'Inde a depuis bien longtemps eu des ambitions politiques mondiales. Elle a par exemple, depuis de nombreuses années, demandé un siège de membre permanent au Conseil de Sécurité des Nations Unies. Pourtant, bien qu'il s'agisse de la démocratie mondiale dotée de la plus grande population, elle n'a pas réussi à l'obtenir.

    Les cinq membres permanents du Conseil de Sécurité sont tous des Etats nucléaires; en conséquence, selon le raisonnement de New Delhi, la possibilité d'asseoir son autorité politique mondiale, était liée pour l'Inde à deux possibilités: soit elle adoptait une position de leader dans le désarmement nucléaire, soit elle devenait un Etat nucléaire. Ses tentatives visant à se donner un rôle moteur dans le désarmement n'ont pas rencontré beaucoup de succès.

    L'Inde a refusé de signer le Traité de Non Prolifération Nucléaire (TNP) depuis sa création en 1968, parce que le traité permet aux cinq Etats nucléaires signataires du TNP de garder des armes nucléaires sans calendrier précis de désarmement nucléaire. Le traité, déclara l'Inde, était discriminatoire; il divisait les Etats en deux groupes -- les «détenteurs» du nucléaire et les «non-détenteurs». Mais les supplications et les initiatives de l'Inde n'attirèrent jamais ni soutien ni même d'attention sérieuse de la part des Etats nucléaires.

    Lorsque la France et la Chine signèrent le TNP en 1992, le traité devint un instrument plus efficace pour la politique de non-prolifération américaine. Cette politique a eu pour objet de conserver les armes nucléaires pour une période indéterminée, afin de garder la prérogative d'utilisation en premier, et d'empêcher que le nombre d'Etats nucléaires aille au-delà des cinq puissances nucléaires déclarées -- fermant les yeux (et restant très silencieux) sur l'arsenal nucléaire ambitieux mais clandestin d'Israël.

    De nouvelles difficultés se développèrent durant la négociation du Traité d'Interdiction Totale des Essais (CTBT) en septembre 1996. Le traité final, produit de plus de deux ans de négociations, contient une disposition stipulant qu'il ne peut entrer en vigueur à moins qu'il ne soit signé et ratifié par l'Inde et par les 43 autres pays possédant des réacteurs nucléaires.

    L'Inde fut intégrée dans la liste des 44 nations en question, malgré ses déclarations explicites, répétées et catégoriques qu'elle ne signerait jamais le CTBT à moins qu'il ne soit accompagné d'un engagement de parvenir à un désarmement nucléaire total avant une date précise. L'Inde ne semble pas avoir tenu compte du fait que cette demande était irréaliste dans le contexte du traité d'interdiction des essais nucléaires. L'intégration forcée de l'Inde à l'intérieur du traité, violant son autorité, scandalisa le gouvernement indien, et réunit toutes les conditions nécessaires pour les essais nucléaires du mois de mai.

    Depuis septembre 1996, nombres de débats ont évoqué une possible conférence de révision du CTBT prévue pour septembre 1999, au cours de laquelle les signataires ayant ratifié le traité avant cette date feraient pression sur l'Inde de diverses façons, y compris par des sanctions, afin qu'elle le signe et qu'elle le ratifie.

    Déjà avant que la coalition menée par le BJP n'arrive au pouvoir en mars 1998, la scène politique indienne avait déjà modifié sa position en se rangeant en faveur des armes nucléaires. L'Inde, qui avait perdu son emprise politique mondiale à la fois dans les forums des pays non-alignés et dans la Conférence des Nations Unies sur le Désarmement, risquant également de se voir infliger des sanctions au tournant du siècle, avait peu de raisons l'incitant à ne pas procéder à des essais nucléaires.

     


    Sources: Leonard Spector, Nuclear Ambitions (Boulder, Colorado: Westview Press, 1990); Leonard Spector, The Undeclared Bomb, (Cambridge, Mass.: Ballinger, 1988); Thijs de la Court, Deborah Pick et Daniel Nordquist, The Nuclear Fix: A Guide to Nuclear Activities in the Third World, (Amsterdam: Publications WISE, 1982); David Albright, Frans Berkhout, et William Walker, Plutonium and Highly Enriched Uranium 1996 (Oxford, UK: Oxford University Press, 1997); Center for Non proliferation Studies, Monterey Institute of International Studies factsheet, «Chronology of Pakistani Nuclear Development,» site internet: http://cns.miis.edu/india/paknucchron.html.

     

    Ce texte provient du site de l'Institut de recherche sur l'énergie et l'environnement - EER : http://www.ieer.org/ensec/frncmain.html

    En 1994, l'IEER a lancé un projet global d'information visant à fournir à une audience internationale une information technique à la fois précise et compréhensible qui fait la force de sa réputation aux Etats-Unis. Les activités internationales de l'IEER couvrent un large éventail de questions, notamment le désarmement et la non-prolifération nucléaires, la gestion des stocks de plutonium, les politiques énergétiques et les questions écologiques et sanitaires liées au nucléaire.

     
    A lire aussi : au format PDF

    "Notes de Recherche : Le complexe de sécurité de l'Asie du Sud et les essais nucléaires indiens de 1998 - CEPES, Université du Québec à Montréal (Canada) : http://www.er.uqam.ca/nobel/cepes/

     

    L'Iran signe le protocole donnant à l'AIEA un plus large accès à ses sites nucléaires

    18 décembre L'ambassadeur de l'Iran et le directeur général de l'agence de l'ONU pour l'énergie atomique ont signé aujourd'hui à Vienne le protocole additionnel qui donne à l'agence des moyens élargis de vérification des activités nucléaires iraniennes.

    Le protocole additionnel, signé aujourd'hui au siège de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) de l'ONU par l'ambassadeur iranien Salehi, vient compléter l'accord de garanties conclu par l'Iran dans le cadre de sa ratification du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP).

    Outre l'autorité élargie dans le domaine des vérifications qu'il confère à l'AIEA, il requiert des Etats de fournir une déclaration plus complète de leurs programmes nucléaires.

    L'Iran a déclaré se conformer aux dispositions du Protocole avant même qu'il n'entre en vigueur, indique un communiqué de l'AIEA publié aujourd'hui.

    Pour l'agence, cette signature vient concrétiser plusieurs mois d'efforts visant à vérifier les activités nucléaires iraniennes et à en retracer l'historique. L'adoption par l'Iran de ce protocole additionnel était considérée comme le meilleur moyen d'y parvenir.

    « Notre capacité à arriver à une conclusion sur la nature du programme nucléaire de l'Iran et sur l'exactitude de ses déclarations dépendra largement de notre capacité à appliquer les accords de garanties et le protocole additionnel », déclarait le 20 novembre dernier le directeur général de l'AIEA, Mohamed El Baradei, lors de la présentation de son rapport au Conseil des gouverneurs de l'agence.

    Le prochain rapport du directeur général de l'AIEA sur la mise en œuvre des garanties en Iran devrait être présenté au Conseil des gouverneurs de l'agence en février 2004.

     
    A lire aussi : au format PDF

    "Notes de Recherche : L'Iran et la question nucléaire - 15 septembre 2003 - CEPES, Université du Québec à Montréal (Canada) : http://www.er.uqam.ca/nobel/cepes/

     

     

    Le lundi 02 février 2004

    Défense antimissile Les premiers intercepteurs installés cet été

    Agence France-Presse - Washington

    Les premiers missiles d'interception du projet de bouclier antimissile américain devraient être en place à partir de juin, et opérationnels à partir d'octobre, ont annoncé lundi des responsables du Pentagone.

    La défense antimissile, qui fin 2005 devrait consister en 20 missiles d'interception basés en Californie (ouest) et en Alaska (nord-ouest) et 10 autres basés en mer, devrait déjà être partiellement opérationnelle dès la fin de l'année fiscale 2004, le 1er octobre prochain, selon le nouveau projet de budget dévoilé lundi.

    «Probablement en juin ou juillet, les premiers (missiles d'interception) seront installés», a déclaré un porte-parole de l'Agence de défense antimissile, Rick Lehner.

    Le projet bénéficie de 20% de crédits supplémentaires par rapport à l'an dernier (9,2 milliards de dollars en 2005, contre 7,7 en 2004).

    Des travaux de perfectionnement de deux radars indispensables à ce programme, l'un dans l'archipel des Aléoutiennes et l'autre à la base aérienne de Beale (Californie) devraient s'achever cet été, a précisé M. Lehner.

    Le premier essai de lancement de ces missiles sur leur lanceur, développé par Orbital Science, devrait intervenir en mai-juin, un deuxième étant prévu au milieu ou à la fin de l'été, selon M. Lehner..

    Le responsable de l'évaluation et des tests d'armement du Pentagone, Thomas Christie, avait mis en garde le mois dernier dans un rapport contre un risque de précipitation dans la mise en place de la défense antimissile. «Le faible nombre d'essais limitera la confiance que l'on peut placer dans la performance des intercepteurs intégrés», avait-il dit.