Désarmement

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Mise à jour : 23 décembre 2014

 

Europe de paix
Désarmement          
 

Daniel Durand :
Lutte pour la paix aujourd'hui (octobre 2014)
- Quel bilan d'étape du désarmement mondial ? Les armes chimiques et biologiques ( novembre 2014)
- Quel bilan d'étape du désarmement mondial ?


Joseph Henrotin, chargé de recherche au CAPRI :

Retour vers le futur ? De l’adaptation des drones MALE aux opérations de demain  (décembre 2013


Jacques Le Dauphin : Les armées françaises doivent-elles se doter de drones armés ? (décembre 2013)


17 octobre 2013
: Mgr Yves BOIVINEAU, évêque d’Annecy, président de Justice et Paix France . Pour un moratoire sur la modernisation des forces nucléaires

Daniel Durand : Ancien dirigeant du Mouvement de la Paix (France)

Vienne Mai 2012 : nouveau cycle autour du TNP (Daniel Durand)

Quatre contributions sur le désarmement relatif à la conférence de Vienne (TNP) : 1 - 2 - 3 - 4 - 5 - 6


Du 30 avril au 11 mai s'ouvre au Centre des Nations unies à Vienne (Autriche) un nouveau cycle de discussions destiné à préparer la prochaine Conférence d'examen du Traité de non-prolifération nucléaire qui aura lieu en 2015.
La précédente Conférence s'était achevée en mai 2010 à New-York par l'adoption par consensus d'un texte intitulé "Conclusions et recommandations d'action pour les actions à venir" comprenant 64 actions relatives au désarmement nucléaire, à la non-prolifération nucléaire, aux usages pacifiques de l’énergie nucléaire. Enfin, un texte spécifique concernait le Moyen-Orient, en particulier la mise en œuvre de la résolution de 1995 sur l'établissement d'une zone sans armes de destruction massive au Moyen-Orient ainsi que ces thématiques décision de tenir en 2012 une Conférence internationale sur le sujet.
Si tout le monde s'était félicité de l'adoption d'un texte, le bilan de cette Conférence avait été considéré comme relativement maigre (voir article sur mon blog : http://culturedepaix.blogspot.com/2010/06/tnp-le-debat-sur-une-convention-est.h).
Trois points à retenir :
Premièrement, une majorité de pays avait fait référence pour la première fois de l'histoire du TNP dans leurs interventions, et même dans leurs réflexions ou stratégies, à une Convention d'abolition des armes nucléaires.
Deuxièmement : les pays nucléaires avaient bataillé dur pour édulcorer le texte dans sa partie désarmement et qu'ils avaient réussi en partie leur objectif, bien qu'ils n'aient pu empêcher l'émergence de la notion de Convention d'abolition tout en réussissant à limiter les autres engagements de désarmement au niveau de ceux de la Conférence de 2000.
Troisièmement : les puissances nucléaires officielles se sont engagées à présenter à la réunion préparatoire de 2014 un bilan de leurs efforts pour l'application de l'article VI prônant l'élimination des armes nucléaires.

La réunion de Vienne jouera plus un rôle de préparation de ce nouveau cycle de discussions 2012-2015 que de réunion innovante. Les États-Unis, renouvelant leur Président en novembre prochain : cela incitera plus à la prudence qu'aux audaces, même chose sans doute pour la délégation française (dirigée par un nouvel ambassadeur, M. Jean-Hugues Simon-Michel) en attente d'un nouveau Président de la République.
Des événements survenus pendant ces deux dernières années pèseront sans doute sur le climat de la réunion de Vienne.
La catastrophe de Fukujima rappellera que l'ouverture de l'énergie civile à tous les pays pose des problèmes graves de sécurité nucléaire et écologique. Or, en 2010, des pays comme la Russie et la France (vendeurs de centrales obligent) s'étaient illustrés par leur valorisation sans retenue de l'article IV du TNP sur l'usage "pacifique" du nucléaire...
Les risques de conflits régionaux liés à la possession de l'arme nucléaire sont toujours pesants : menaces d'attaque israélienne sur l'Iran pour empêcher celui-ci d'acquérir éventuellement de telles armes, menaces de nouvel essai nucléaire en Corée du Nord et de représailles de ses voisins ou des États-Unis, tensions toujours existantes entre l'Inde et le Pakistan.
Au Moyen-Orient, compte-tenu du débat autour de l'Iran, la proposition de tenir une Conférence sur la création éventuelle d'une zone dénucléarisée avance lentement. Finalement, la Finlande a proposé que cette Conférence se tienne, non pas en 2012, mais en 2013 à Helsinki. Cette proposition a été acceptée par l'ONU, reste à la mettre en oeuvre et obtenir la participation des principaux intéressés dont Israël et l'Iran.
Dans les éléments plus positifs de ces deux dernières années, il faut relever que le soutien à une Convention d'abolition des armes nucléaires a grandi au sein de l'Assemblée générale des Nations unies : 143 pays la soutiennent aujourd'hui.
Dans l'opinion publique française, un sondage IFOP de ce mois d'avril indique que 81 % des français soutiennent l'ouverture de discussions sur ce sujet, ce qui a été toujours refusé par la diplomatie française.
Les interventions des diplomates à Vienne seront ainsi des indicateurs intéressants de l'évolution des opinions et des rapports de force au niveau des États tant nucléaires que non-nucléaires, même si peu d'événements originaux se produiront sans doute.
Par contre, parallèlement au cycle diplomatique qui donne parfois l'impression de tourner en rond, des événements plus stimulants risquent de se passer au niveau des ONG présentes dans les coulisses, car celles-ci sont en pleine réflexion stratégique (à suivre).
désarmement nucléaire : le rebond

IDRP : Quelques données sur les doctrines militaires (août 2007) 

Maurice Bertrand : Conseiller maître honoraire à la Cour des comptes, ancien membre du corps commun d'inspection des Nations unies

Felicity Hill : Responsable de UNIFEM's Peace and Security

Jacques Le Dauphin : 

Patrick Simon : Directeur adjoint de l'IDRP

Syndicat CGT secteur armement :

Pierre Villard :

 

 

Colloque : les armes sont-elles des marchandises ? (Sénat, juin 2006)

 

A noter que d'autres contributions sur le désarmement nucléaire sont dans une rubrique spécifique ou voir aussi dans la liste des contributeurs par auteurs.

 

 

la Semaine du désarmement

24 - 30 octobre chaque année

La célébration annuelle de la Semaine du désarmement, qui commence le jour anniversaire de la création de l'Organisation des Nations Unies, a été instaurée par le document final de la session extraordinaire de l'Assemblée générale de 1978 consacrée au désarmement (résolution S-10/2). Les États ont été invités à mettre en évidence le danger que représentait la course aux armements, à répandre l'idée selon laquelle il était nécessaire d'y mettre un terme et à faire mieux comprendre à l'opinion publique l'urgence du désarmement.

En 1995, l'Assemblée a invité les gouvernements, ainsi que les ONG, à continuer de participer activement à la Semaine du désarmement (résolution 50/72 B du 12 décembre). Elle a également invité le Secrétaire général à continuer d'utiliser aussi largement que possible les moyens d'information de l'Organisation des Nations Unies pour faire mieux comprendre à l'opinion publique les problèmes du désarmement et les objectifs de la Semaine du désarmement.

Tous les sites d'information sur le site de l'ONU  / Détails ici
 

 

et

 

 
   
40 ans de Traité de Non Prolifération nucléaire : où en sommes-nous en 2010 ?
Une déclaration du Mouvement de la Paix pour ouvrir à nouveau le débat


 

 

2010 : Signez la Cyber-Lettre adressée à l'Elysée
pour une Convention d'élimination des armes nucléaires


  
Signez la cyber-pétition en ligne

Depuis l'entrée en vigueur du Traité de Non-Prolifération nucléaire en 1970, le désarmement nucléaire est une obligation internationale. Les puissances nucléaires - dont la France - s'y sont engagées "à œuvrer de bonne foi (...), à des mesures de désarmement (...), à une date rapprochée".

Depuis 10 ans les ONG ont travaillé à un modèle de convention d'élimination des armes nucléaires permettant de compléter les insuffisances du TNP en termes de date et de mesures concrètes. Cette convention déposée comme document officiel de l'ONU par la Malaisie et le Costa Rica est soutenue aujourd'hui par 127 pays, mais pas par la France.

La Conférence d'examen du TNP de mai 2010 pourrait relancer un processus de désarmement. Nous vous invitons à écrire au Président de la République, aux ministres des Affaires Etrangères et de la Défense pour que la France s'engage dans un processus de désarmement et soutienne à l'ONU le modèle de Convention d'élimination des armes nucléaires.

Une centaine de citoyens de France se rendront à l'ONU en mai 2010, porteurs de cette exigence.


Pour cela :

  • Signez la cyber-pétition en ligne qui sera envoyée en votre nom à l'Élysée et aux ministres concernés - cela ne prend que quelques instants;
  • Faites suivre ce message (en format html) à vos connaissances.

Nous comptons sur vous.


Le collectif "ICAN France / Campagne pour le Désarmement Nucléaire"

www.icanfrance.org

 

Prague, le 5 mai 2007

DÉCLARATION DE PRAGUE 

Conférence Internationale contre la Militarisation de l'Europe

LA PAIX N'A PAS BESOIN DE NOUVEAUX MISSILES

 Nous disons non au système de défense anti-missile des États Unis en Europe.

Devant les nouveaux projets militaires des États-Unis, décidés à entamer des négociations officielles avec les gouvernements tchèques et polonais le 10 mai, les signataires de ce texte déclarent :

Nous exprimons notre protestation contre le projet de l’administration Bush d’installer le "système de défense anti-missile" des États-Unis sur les territoires de la République tchèque et de la Pologne. La majorité des tchèques et des polonais et la majorité des citoyens européens refusent cette perspective. Nous rejetons les raisons officielles données pour le projet de NMD qui ne sont que de simples prétextes.

La réalisation du projet des USA n’augmentera pas la sécurité en Europe. Au contraire - il mènera à de nouveaux dangers et développera l’insécurité.

Bien qu'il soit décrit « défensif », ce projet permettra en réalité aux États-Unis d'attaquer d'autres pays sans crainte de vengeance. Il mettra les pays partenaires en première ligne des guerres américaines futures.

Les gouvernements de Pologne et la République tchèque risquent imprudemment de favoriser une nouvelle course aux armements, mettant en danger les présents accords internationaux sur la non-prolifération nucléaire et ceux sur le contrôle des armements conventionnel, dans le monde entier et particulièrement en Europe.

Ce dont nous avons vraiment besoin, c’est de désarmement comme facteur de paix et de véritable sécurité humaine. Pour faire face à la crise écologique menaçante, nous avons besoin de la coopération internationale et de confiance, pas de nouvelle confrontation.

Les acteurs de paix, les acteurs politiques progressistes, les mouvements de femmes, les mouvements environnementalistes, les syndicats et les mouvements de foi doivent s’unir face cette tentative de monter les pays européens les uns contre les autres. Notre protestation s’inscrit dans un mouvement mondial de refus de toutes les bases militaires étrangères et d'autres infrastructures utilisées pour les guerres d'agression. C'est une contribution à la construction de la paix en Europe et le monde et un appel aux communautés locales à agir ensemble pour protéger leurs droits et garantir leur rôle public.

L'Union Européenne et les états de L'OTAN n’ont pas à participer à cette nouvelle aventure militaire de l'administration de Bush. La paix doit rester notre tâche principale.

Nous demandons à ceux qui sont responsables dans l'Union Européenne, particulièrement au Président Klaus et le Président Kaczynski, d’écouter la volonté des peuples de l'Union Européenne. Nous exigeons qu'ils agissent démocratiquement et tiennent des référendums à propos du déploiement de composants NMD dans leurs pays.

Nous rejetons catégoriquement la tentative de légitimer les plans des États-Unis sous couvert de prises de décisions de L'OTAN et de l'Union européenne.

Venant de divers pays européens et de différentes conditions sociales, nous vous appelons à tout faire pour empêcher l'Europe de devenir la scène pour une nouvelle course aux armements et d’une nouvelle politique de confrontation. Nous invitons tous les citoyens d’Europe à participer aux initiatives de paix, à s’adresser à leurs représentants élus, aux membres des gouvernements et aux chefs d'État, pour leur signifier notre refus commun d’une nouvelle politique de confrontation.

Les participants de la Conférence Internationale contre la Militarisation de l'Europe

 

 

 

FACE À LA MENACE NUCLÉAIRE, KOFI ANNAN DEMANDE AUX ÉTATS D’ACCOMPLIR PARALLÈLEMENT DES PROGRÈS DANS LES DOMAINES DE LA NON-PROLIFÉRATION ET DU DÉSARMEMENT

On trouvera ci-après le texte intégral de l’allocution prononcée par le Secrétaire général des Nations Unies, M. Kofi Annan, à l’Université de Princeton, le 28 novembre 2006

 

J’aimerais dire tout d’abord combien je suis heureux d’avoir été invité à prononcer une allocution par une école qui tient son nom de Woodrow Wilson, le grand pionnier du multilatéralisme et l’avocat de la paix mondiale, qui a milité notamment en faveur de limitations concertées des armes meurtrières sur le plan international.

Princeton est indissolublement liée à la mémoire d’Albert Einstein et de nombreux autres grands savants qui ont contribué à faire des États-Unis la première puissance nucléaire. C’est là un cadre tout à fait approprié pour mon allocution de ce soir du fait que mon thème principal est le danger des armes nucléaires et la nécessité d’y faire face d’urgence à la fois en empêchant la prolifération et en encourageant le désarmement. Je montrerai que ces deux objectifs – le désarmement et la non-prolifération – sont indissociables et que pour parvenir à des progrès dans un domaine, il faut aussi avancer dans l’autre.

Il règne actuellement un sentiment d’insécurité presque général, mais ses causes, de même que l’urgence des risques, varient suivant les différentes parties du monde. Il est probable que la priorité irait majoritairement aux menaces d’ordre économique et social, c’est-à-dire la pauvreté, la dégradation de l’environnement et les maladies infectieuses.

D’autres mettraient l’accent sur les conflits entre États, d’autres encore sur les conflits internes et la guerre civile. Nombreux sont ceux – en particulier mais non exclusivement dans le monde développé – qui inscriraient le terrorisme en tête de liste.

En vérité, toutes ces menaces sont liées entre elles et dépassent les frontières nationales. Des stratégies mondiales communes sont nécessaires pour y faire face, et les gouvernements se rassemblent effectivement, à l’ONU et ailleurs, pour en élaborer et les mettre en œuvre. Le seul domaine où il n’en existe aucune est justement celui qui risque de présenter le plus grand danger, à savoir les armes nucléaires.

Je dis le plus grand danger, et cela pour trois raisons:

En premier lieu, les armes nucléaires constituent une menace sans précédent pour l’existence de l’humanité tout entière.

En deuxième lieu, le régime de non-prolifération nucléaire se heurte actuellement à une crise de confiance majeure. La Corée du Nord s’est retirée du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), tandis que l’Inde, Israël et le Pakistan n’y ont jamais été parties. De sérieux doutes, pour le moins, planent quant à la nature du programme nucléaire iranien. Il en résulte que la légitimité et la crédibilité de l’approche au cas par cas de la non-prolifération que les puissances nucléaires actuelles ont adoptées sont à leur tour remises en question.

En troisième lieu, la montée du terrorisme, qui s’accompagne du danger que les terroristes puissent acquérir des armes nucléaires, accroît considérablement la menace de leur emploi.

Et pourtant, malgré la gravité et l’ampleur de cette menace, les gouvernements du monde l’abordent de manière sélective et non globale.

Cette démarche est dans un sens compréhensible. L’idée même de l’autodestruction du monde est insoutenable. Mais il ne faut pas s’arrêter là. Il faut essayer d’imaginer les conséquences humaines et écologiques de l’explosion d’une bombe nucléaire dans une grande métropole – voire dans plusieurs – ou d’un affrontement général entre deux États dotés de l’arme nucléaire.

En mettant l’accent sur les armes nucléaires, je ne cherche pas à minimiser le problème des armes chimiques ou biologiques qui sont également des armes de destruction massive interdites en vertu de traités internationaux. En fait, la menace la plus importante et dont on ne tient pas assez compte est la possibilité que des terroristes emploient une arme biologique – et c’est là que doit s’imposer réellement une réflexion nouvelle.

Les armes nucléaires n’en restent pas moins les plus dangereuses. Une seule bombe peut détruire une ville tout entière, comme nous l’avons vu à Hiroshima et à Nagasaki, et il existe maintenant des engins infiniment plus puissants qu’en 1945. Ces armes constituent une menace sans précédent pour l’humanité tout entière.

Il y a 40 ans, presque tous les États du monde, conscients que ce danger doit être évité à tout prix, se sont rassemblés et ont forgé un outil d’une importance considérable, le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires.

Cet instrument était essentiellement un contrat passé entre, d’une part, les États qui étaient reconnus à cette époque comme dotés de l’arme nucléaire et, de l’autre, le reste de la communauté internationale. Les premiers s’engageaient à négocier de bonne foi au sujet du désarmement nucléaire, à empêcher la prolifération et à faciliter l’utilisation de l’énergie nucléaire à des fins pacifiques, tout en déclarant individuellement qu’ils s’abstiendraient de menacer de l’arme nucléaire les États qui n’en possédaient pas. À son tour, le reste du monde s’engageait à ne pas acquérir ou fabriquer d’armes nucléaires et à soumettre toutes leurs activités nucléaires à la vérification de l’Agence internationale de l’énergie atomique ( AIEA). Ainsi, le TNP avait pour but à la fois de prévenir la prolifération et de faire progresser le désarmement, tout en garantissant le droit qu’ont tous les États, dans des conditions spécifiques, d’utiliser l’énergie nucléaire à des fins pacifiques.

De 1970 – date de son entrée en vigueur – jusqu’à récemment, le TNP a été largement considéré comme la pierre angulaire de la sécurité mondiale. Les sombres prédictions de ses critiques ne s’étaient pas concrétisées. L’armement nucléaire n’avait pas contaminé des dizaines d’États, comme le Président Kennedy et d’autres l’avaient prédit dans les années 60, et cela est encore vrai aujourd’hui. En fait, le nombre d’États qui n’ambitionnent plus de posséder des armes nucléaires dépasse celui des États qui en ont acquis.

Pourtant, durant les dernières années, le TNP a été sévèrement critiqué du fait que la communauté internationale n’a pas pu se mettre d’accord sur le moyen de l’appliquer à certaines crises en Asie du Sud, dans la péninsule coréenne et au Moyen-Orient, et que quelques États parties chercheraient à posséder l’arme nucléaire.

À deux reprises, en 2005, les gouvernements ont eu la possibilité de renforcer les assises du Traité, d’abord à la Conférence d’examen en mai et ensuite au Sommet mondial de septembre. Ils ont échoué dans les deux cas, essentiellement pour ne pas avoir pu s’entendre sur l’ordre de priorité de la non-prolifération et du désarmement, à savoir lequel ou laquelle devait précéder l’autre.

Les tenants de la « non-prolifération d’abord » – essentiellement les États dotés d’armes nucléaires et leurs partisans – estiment que le principal danger vient non pas des armes nucléaires en tant que telles mais de ceux qui en possèdent, et par conséquent de leur transfert à de nouveaux États et à des acteurs non étatiques (ce qu’on appelle la « prolifération horizontale »). Les États dotés d’armes nucléaires disent qu’ils sont parvenus à un désarmement considérable depuis la fin de la guerre froide, mais que leur responsabilité à l’égard de la paix et de la sécurité internationales exige qu’ils conservent un dispositif de dissuasion nucléaire.

D’autre part, les tenants du « désarmement d’abord » proclament que le danger le plus pressant vient des arsenaux nucléaires existants et de leur perfectionnement constant (ce que l’on appelle la « prolifération verticale »). Un grand nombre d’États non dotés d’armes nucléaires accusent ceux qui en possèdent de reculer devant les engagements qu’ils ont pris en 1995 (lorsque le TNP a été prorogé pour une durée indéfinie) et qui ont été réaffirmés pas plus tard qu’en 2000. Pour ces pays, le grand bargain du TNP est devenu un leurre. Ils notent que le Conseil de sécurité de l’ONU a souvent qualifié la prolifération des armes de destruction massive de menace contre la paix et la sécurité internationales, mais n’a jamais déclaré que les armes nucléaires constituaient en soi une menace du même genre. Ils ne constatent aucun progrès réel vers le désarmement nucléaire et estiment que cette lacune présage un apartheid permanent entre ceux qui ont des armes nucléaires et ceux qui n’en ont pas.

Les deux groupes concernés estiment que l’existence de quatre nouveaux États possédant des armes nucléaires, hors du cadre du TNP, renforce leur argument.

Ce débat fait écho à un argument beaucoup plus ancien : les armes sont-elles la cause ou le symptôme du conflit? J’estime pour ma part que cette question est vaine, contreproductive et fondée sur de fausses dichotomies.

Le renforcement des arsenaux peut certes créer une menace déclenchant un conflit, et un conflit politique peut tout aussi bien motiver l’acquisition d’armes. Il faut en fait s’attacher à la fois à réduire les armes et à endiguer les conflits. De même, il faut s’efforcer de parvenir aussi bien au désarmement qu’à la non-prolifération.

Or, chacun attend que l’autre agisse. Il en résulte que la « destruction mutuelle assurée » a été remplacée par la paralysie mutuelle assurée. C’est là un signe redoutable de désunion et d’irrespect grandissant à l’égard de l’autorité du Traité. Il en résulte un vide que certains peuvent exploiter.

J’ai dit au début de cette année que nous sommes des « somnambules qui marchons vers la catastrophe ». En vérité, la situation est encore pire et nous nous sommes endormis aux commandes d’un avion en détresse. Faute de nous réveiller à temps, nous courons à coup sûr au désastre.

Un avion, bien entendu, ne peut se maintenir en l’air que si les deux ailes sont en bon état. Nous ne saurions choisir entre non-prolifération et désarmement. Ces deux aspects doivent être maîtrisés, avec l’urgence qui s’y attache.

Permettez-moi de m’attarder sur ces deux aspects.

À ceux qui prônent la priorité du désarmement, je réponds ceci :

-- La prolifération ne menace pas uniquement, ni même principalement, ceux qui disposent déjà d’armes nucléaires. Plus nombreux sont les doigts sur la gâchette nucléaire et plus ces doigts appartiennent à des dirigeants d’États instables – ou, pire, à des acteurs non étatiques – plus grande est la menace pour l’humanité tout entière.

-- L’absence de progrès en matière de désarmement n’est pas une raison pour ne pas s’attaquer aux dangers de la prolifération. Aucun État ne doit s’imaginer qu’en réalisant un programme d’armement nucléaire, il peut se poser en défenseur du TNP; encore moins peut-il convaincre les autres de désarmer.

-- Je sais que certains États influents, qui ont eux-mêmes scrupuleusement respecté le Traité, sont convaincus que les possesseurs d’armes nucléaires ne se sont pas montrés à la hauteur de leurs obligations en matière de désarmement. Mais ils doivent prendre garde que leur ressentiment ne les pousse du côté des proliférateurs. Ils doivent déclarer sans ambages que l’acquisition d’armes interdites ne sert jamais la cause de leur élimination. La prolifération ne peut que rendre encore plus difficile le désarmement.

-- J’exhorte tous les États à rendre à César ce qui est à César. C’est-à-dire reconnaître le désarmement là où il existe. Applaudir aux avancées que les États dotés d’armes nucléaires ont faites, que ce soit unilatéralement ou par la négociation, vers la réduction des arsenaux nucléaires ou la prévention de leur expansion. Reconnaître enfin que les États dotés d’armes nucléaires ont pratiquement cessé de produire de nouvelles matières fissiles à des fins militaires et continuent d’appliquer des moratoires sur les essais.

-- Je les exhorte pareillement à appuyer des mesures, même de moindre ampleur, en vue d’endiguer la prolifération, telles que les efforts visant à renforcer les contrôles à l’exportation d’articles nécessaires pour fabriquer des armes de destruction massive, comme l’a demandé le Conseil de sécurité dans sa résolution 1540.

-- Je les exhorte de même à soutenir les efforts que consent, entre autres, le Directeur général de l’AIEA pour trouver moyen de garantir l’accès de tous les États au combustible et aux services nécessaires à leurs programmes nucléaires civils sans pour autant favoriser la diffusion de technologies sensibles. Il faut que les pays puissent satisfaire leurs besoins énergétiques croissants grâce à ces programmes mais sans que nous courions le risque de vivre dans un monde où de plus en plus de pays maîtrisent les phases les plus critiques du cycle du combustible nucléaire.

-- Enfin, je les exhorte à n’encourager ou n’autoriser aucun État à faire dépendre sa conformité aux initiatives visant à éliminer les armes nucléaires ou à arrêter leur prolifération des concessions consenties par d’autres États dans d’autres domaines. La sauvegarde de la vie humaine sur notre planète est trop importante pour être prise en otage.

À ceux qui prônent la priorité de la non-prolifération, je réponds ceci :

-- Il est vrai que certains progrès ont été accomplis en matière de désarmement nucléaire depuis la fin de la guerre froide. Certains États ont mis fin au déploiement de nombreuses armes nucléaires et ont éliminé des catégories entières de vecteurs. Les États-Unis et la Russie sont convenus de limiter le nombre d’armes nucléaires stratégiques qu’ils déploient et ont retiré de leurs navires et de leurs sous-marins les armes non stratégiques; le Congrès des États-Unis a refusé de financer la construction d’une bombe à profonde pénétration souterraine; la plupart des sites d’essais ont été fermés; des moratoires nationaux ont été déclarés au sujet des essais; trois États dotés d’armes nucléaires – la France, le Royaume-Uni et la Russie – ont ratifié le Traité d’interdiction complète des essais.

-- Les stocks demeurent pourtant dangereusement élevés : 27 000 armes nucléaires seraient toujours en service, dont 12 000 environ activement déployées.

-- Certains États semblent croire qu’ils ont besoin d’armes moins nombreuses mais plus petites et plus maniables – et semblent même avoir adopté l’idée d’en employer dans les conflits. Tous les États dotés d’armes nucléaires parties au TNP modernisent leurs arsenaux ou leurs vecteurs. Ils ne devraient pas s’imaginer que cela sera accepté comme étant compatible avec le Traité. Personne ne s’y trompera et chacun y verra un euphémisme pour le réarmement nucléaire.

-- On ne sait pas clairement non plus comment ces États envisagent de traiter les quatre pays capables d’acquérir des armes nucléaires en dehors du cadre du TNP. Ils brandissent la théorie des dominos si tel ou tel pays acquiert une capacité nucléaire, mais ils ne semblent pas savoir comment prévenir cet effet d’entraînement ou y répondre une fois la chose faite. Certainement, ils devraient au moins envisager des « dominos inverses », où des réductions systématiques et soutenues des arsenaux nucléaires dévaloriseraient ces armes et encourageraient d’autres États à suivre la même voie.

-- Au contraire, en se cramponnant à leurs arsenaux et en les modernisant, même en l’absence de menaces évidentes contre leur sécurité nationale que l’arme nucléaire pourrait éloigner, les États dotés d’armes nucléaires encouragent les autres – en particulier ceux qui sont réellement menacés dans leur région – à envisager cette arme comme étant essentielle, aussi bien pour leur sécurité que pour leur statut. Il serait beaucoup plus facile de faire front aux proliférateurs si l’existence même des armes nucléaires était universellement reconnue comme étant dangereuse et en fin de compte illégitime.

-- De même, les États désireux de décourager les autres d’entreprendre des essais nucléaires ou balistiques pourraient faire avancer leur cause de manière beaucoup plus convaincante s’ils accéléraient eux-mêmes l’entrée en vigueur du Traité d’interdiction complète des essais, mettaient fin à leurs propres essais de missiles et négociaient un instrument multilatéral robuste concernant ces engins. De telles mesures seraient beaucoup plus efficaces que toute autre pour faire progresser la cause de la non-prolifération.

-- D’importantes puissances, telles que l’Allemagne, l’Argentine, le Brésil et le Japon, ont montré, en refusant d’en fabriquer, que les armes nucléaires ne sont pas essentielles pour leur sécurité ni pour leur statut. L’Afrique du Sud a détruit son arsenal et est devenue partie au TNP. Le Bélarus, l’Ukraine et le Kazakhstan ont renoncé aux armes nucléaires provenant de l’ancien arsenal soviétique. Enfin, la Libye a abandonné ses programmes d’armement nucléaire et chimique. Les États dotés d’armes nucléaires ont applaudi à tous ces exemples. Ils feraient bien de les imiter.

-- Enfin, les gouvernements et la société civile de nombreux pays mettent de plus en plus en doute le bien-fondé de la doctrine de la dissuasion nucléaire, qui date de la guerre froide – justification avancée par tous les États possesseurs d’armes nucléaires – alors que nous nous trouvons dans une période où ce sont les acteurs non étatiques qui constituent une menace croissante. Avons-nous alors besoin d’élaborer des stratégies concertées pour prévenir la prolifération?

-- Pour ces diverses raisons, je demande à tous les États dotés d’armes nucléaires d’élaborer des plans concrets, assortis de calendriers déterminés, pour honorer leurs engagements en matière de désarmement. Je les exhorte de même à faire une déclaration d’intention commune pour parvenir à l’élimination progressive de toutes les armes nucléaires, sous un contrôle international strict et efficace.

En résumé, le seul moyen d’avancer est d’accomplir en parallèle des progrès sur les deux plans – la non-prolifération et le désarmement. Nous n’y parviendrons qu’en faisant simultanément front, de manière efficace, à la menace du terrorisme et aux dangers, réels ou rhétoriques, qui conduisent des États ou des régimes particuliers à rechercher la sécurité, aussi mal inspirés soient-ils, en mettant au point ou en acquérant des armes nucléaires.

Il s’agit là d’une tâche complexe et gigantesque, qui exige la prise de responsabilités, la confiance, le dialogue et la négociation. Mais ce qui est avant tout nécessaire, c’est un débat renouvelé, qui doit faire appel à tous les intéressés, respecter les normes des négociations internationales et réaffirmer l’approche multilatérale – celle de Woodrow Wilson – fermement ancrée dans les institutions, les traités, les règles et les normes de conduite appropriées au niveau international.

Permettez-moi de conclure en lançant un appel à tous les jeunes, où qu’ils se trouvent, et je constate avec plaisir qu’ils sont très nombreux parmi nous aujourd’hui.

Mes jeunes et chers amis, vous vous êtes déjà engagés de façon admirable dans la lutte en faveur du développement mondial, des droits de l’homme et de la protection de l’environnement. Je vous conjure d’apporter aussi votre énergie et votre imagination au débat qui nous occupe aujourd’hui. Je vous conjure enfin de nous aider à saisir les commandes de l’avion en détresse à bord duquel l’humanité s’est embarquée et à le mener à bon port avant qu’il ne soit trop tard.

 

 

Pour information,

Le début d'un excellent article de synthèse sur le M51sur le site "Le portail des sous-marins" qui confirme indirectement la validité de la campagne de désarmement nucléaire du Mouvement de la Paix.

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"Le premier tir d’essai du missile M51 approche,

En France, le développement du missile ballistique M51, lancé depuis un sous-marin, s’approche de la fin et, comme prévu, le premier lancement d’essai devrait être effectué d’ici la fin de l’année 2006. En parallèle, l’assemblage des 8 dernières sections du quatrième et dernier sous-marin nucléaire lanceur d’engins SNLE-NG, Le Terrible, est au trois-quart terminé. Il devrait être lancé en 2009 en préparation des essais à la mer, indiquent les responsables du programme.

Lorsqu’il entrera en service opérationnel en juillet 2010, Le Terrible sera le premier à emporter le M51. Ce nouveau missile dispose d’une portée et d’une précision augmentée de façon substantielle par rapport à l’actuel M45, sa survivabilité et sa flexibilité opérationnelle ont aussi été accrûes. De plus, le M51 disposera pour la première fois de plusieurs fonctions innonvantes, comme la possibilité de choisir la puissance de ses 6 têtes nucléaires, d’une puissance nominale de 150 kilotonnes chacune. Il sera aussi possible de faire exploser les têtes à haute altitude, créant ainsi une impulsion électro-magnétique (IEM) qui va paralyser les systèmes électroniques au sol sans déclencher au sol les effets destructeurs d’une explosition nucléaire, indiquent les responsables. (...) La flexibilité accrûe permise par le programme M51 reflète une évolution graduelle dans la doctrine nucléaire de la France, annoncée au début de l’année par le Président Jacques Chirac." 

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Voir la suite de l'article sur la page : http://www.corlobe.tk/article3352.html 

 

 

"Armes de terreur" : Hans Blix présente 60 propositions pour le désarmement

Hans Blix 1 juin 2006 – Hans Blix, l'ancien directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et responsable des inspections sur les armes de destruction massive en Iraq en 2003, a présenté aujourd'hui à New York 60 recommandations pour accélérer l'élimination des « armes de terreur » dans le monde.

Lors d'une conférence de presse au siège de l'ONU, Hans Blix a présenté aujourd'hui le rapport intitulé « Armes de terreur » et réalisé par la Commission sur les armes de destruction massive » - un groupe d'experts réuni en 2003 à la demande du gouvernement suédois et financé par ce dernier et une fondation canadienne.

Interrogé sur le terme « d'armes de terreur », Hans Blix a rappelé qu'il y avait une différence entre les armes nucléaires et les autres armes de destruction massive, mais qu'elles avaient toutes en commun d'être des armes de terreur, qui peuvent « tuer des milliers de personnes en une seule attaque » et dont les effets « persistent dans l'environnement et dans le corps des victimes, parfois indéfiniment ».

L'ancien directeur de l'AIEA a souligné la « stagnation » du désarmement au niveau mondial, en réponse à questions sur le contexte de la publication d'un tel rapport. « Il faut donc relancer les négociations » afin de « réduire le danger posé par les arsenaux actuels, empêcher la prolifération et les rendre illégales une fois pour toutes », a-t-il affirmé.

« La déception quant au fait qu'un mécanisme multilatéral n'était pas capable d'entraver la diffusion des armes de destruction massive a été suivie d'une déception d'apprendre que l'Iraq n'en avait pas » et que l'on n'avait pas pu éviter le conflit, a expliqué l'ancien inspecteur.

A cet égard, Hans Blix a rappelé que l'AIEA ne disposait de véritables moyens d'inspection que depuis 1997.

« Les inspections ne sont pas efficaces à 100% », mais « en Iraq, elles étaient professionnelles », a-t-il fait observer. « En 700 inspections nous n'avons rien trouvé. Avec quelques mois de plus et la possibilité de visiter tous les sites, nous aurions pu confirmer qu'il n'y avait rien. Les Etats-Unis auraient dû savoir que leurs sources n'étaient pas fiables et la guerre aurait pu être évitée », a-t-il ajouté.

Le rapport propose premièrement la tenue d'un nouveau sommet mondial pour corriger l'échec du sommet de septembre dans la mesure où pas une seule ligne du document final du ne mentionne le désarmement.

Hans Blix propose aussi « d'abandonner le consensus hérité de la guerre froide en permettant d'introduire, à la majorité des deux tiers, de nouvelles questions à la Commission du désarmement à Genève ».

« L'autre point essentiel est le Traité d'interdiction complète des essais nucléaires » et le renforcement du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, a-t-il continué (TNP).

« Ces traités peuvent effectivement faire l'objet d'une vérification, comme en témoigne les récentes inspections au Brésil et au Japon », a-t-il précisé.

Le rapport préconise par ailleurs de poursuivre les négociations avec l'Iran et la Corée du Nord et d'établir sans tarder une zone sans armes de destruction massive au Moyen-Orient.

« Dans le cas de la Corée du Nord, les débats se poursuivent par intermittence à Beijing. Sur l'Iran, il y a aussi plus de négociations » que dans le cas de l'Iraq, a fait observer Hans Blix.

« La première ligne de défense est de faire en sorte que les pays intéressés à acquérir ces armes puissent sentir qu'ils n'en ont pas besoin. Le TNP inclut l'idée que les pays qui abandonnent les armes nucléaires ne puissent pas être attaqués à l'aide de ces armes », a-t-il rappelé, avant de préconiser une assistance aux pays qui souhaitent développer l'usage pacifique de l'énergie atomique sans enrichir de l'uranium.

Mais si l'on se place du côté iranien, « ils voient des bases américaines en Afghanistan, au Pakistan, en Iraq. Les dirigeants iraniens peuvent donc avoir des préoccupations sécuritaires », a-t-il souligné.

Interrogé sur la marche à suivre en Iran et sur le niveau confiance que l'on peut accorder au pays, Hans Blix a estimé qu'il y avait plusieurs courants dans le gouvernement iranien, contrairement à l'Iraq où toute personne faisant connaître son opposition au régime était immédiatement réprimé. « Mais ils sont tous nationalistes et il y a une fierté et une question de prestige dans l'acquisition de la capacité nucléaire », a-t-il ajouté.

A la question de savoir s'il reconnaissait une différence entre la possession d'armes par Israël et par l'Iran - qui a déclaré vouloir rayer Israël de la carte -, Hans Blix a indiqué que la Commission n'acceptait pas l'argument selon lequel « les armes ne sont pas dangereuses en soi et que c'est la personne qui les détient qui compte ».

« Il peut y avoir des gouvernements responsables à un moment donné, mais ils peuvent changer », a-t-il affirmé.

Sur la volonté de l'Iran d'obtenir l'arme atomique, Hans Blix a indiqué qu'en toute hypothèse une fois que l'on obtenait l'uranium enrichi, la porte était ouverte et qu'il suffisait d'une décision politique pour y accéder. « Je ne sais pas ce qu'ils veulent à présent, mais en toute hypothèse ils peuvent changer d'avis dans le futur », a-t-il estimé.

Tous les pays, y compris Israël, conviennent qu'il faut éviter d'avoir ces armes au Moyen-Orient, mais pour l'instant nous n'en sommes pas près. Pour désamorcer la situation, « l'Iran devrait s'engager à ne pas enrichir d'uranium, suivis de l'Arabie saoudite et de la Syrie, Israël devrait s'engager à ne pas en produire plus », a-t-il affirmé.

« En toute hypothèse, il sera difficile pour les Etats-Unis ou le Royaume-Uni ou la France, le Pakistan ou Israël, de demander aux autres Etats de désarmer s'ils ne participent pas eux-mêmes », a-t-il souligné, se déclarant préoccupé par la course aux armements dans l'espace extra-atmosphérique et l'intérêt exprimé par les Etats-Unis envers une nouvelle génération d'armes nucléaires.

S'agissant enfin des mesures prises pour empêcher que ces « armes de terreur » ne tombent entre les mains de terroristes, Hans Blix a souligné que la résolution 1540 (2005) du Conseil de sécurité était une évolution très intéressante en ce qu'elle introduisait l'action du Conseil dans le domaine législatif.

La résolution demande aux Etats Membres d'adopter des lois pénales pour empêcher le trafic de telles armes. Or, étant prise dans le cadre du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies, elle s'impose à tous les Etats Membres.

Le Secrétaire général a salué ce rapport, qui lui a été remis aujourd’hui, appelant la communauté internationale à étudier ses recommandations et à les prendre en compte.

 

La Convention contre la prolifération des armes légères entre en vigueur avec la ratification du 40ème Etat, la Zambie

25 avril 2005 La ratification de la Zambie permet l'entrée en vigueur aujourd'hui d'une Convention des Nations Unies pour la lutte contre la prolifération des armes légères dont le trafic représente un marché de plusieurs milliards de dollars pour les trafiquants. Ces instruments, qui vont des armes de poing aux systèmes portables de missiles anti-aériens, font chaque année plus de victimes que les bombardements d'Hiroshima et de Nagasaki réunis.

L'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) a annoncé aujourd'hui l'entrée en vigueur du « Protocole contre la fabrication et le trafic illicites d'armes à feu, de leurs pièces, éléments et munitions, additionnel à la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée » après que la Zambie est devenu le 40ème pays à l'avoir ratifié, indique un communiqué publié aujourd'hui à Bangkok.

L'agence de l'ONU rappelle que le Protocole constitue une composante déterminante de la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée en imposant aux Etats l'obligation de contrôler un des instruments les « plus meurtriers de notre époque, les armes légères ». Son texte définitif a été adopté par l'Assemblée générale dans une résolution du 8 juin 2001.

« Le monde est jonché des victimes des trafiquants d'armes légères », a déclaré Antonio Maria Costa, directeur de l'ONUDC, qui a rappelé que le commerce des armes légères s'élevait à plusieurs milliards de dollars et que près de 500.000 personnes étaient tuées chaque année par les armes légères, soit près d'une personne à la minute.

« Des Balkans à l'Afrique de l'Ouest, des Andes à l'Afghanistan, les insurgés sont armés par des trafiquants préoccupés par le profit plus que par des motivations politiques » a-t-il déclaré.

Selon l'ONUDC, les « pistolets, mitraillettes, grenades et systèmes de missiles antiaériens sont prohibés aux termes de cette Convention ».

« Les armes légères font infiniment plus de victimes que les autres types d'armes. Presque chaque année, le nombre de morts attribuables à ces armes dépasse largement celui des victimes des bombes atomiques d'Hiroshima et de Nagasaki. De fait, au regard des carnages qu'elles provoquent, elles pourraient être assimilées à des 'armes de destruction massive' », déclarait le Secrétaire général dans son Rapport du Millénaire, dans lequel il déplorait que « contrairement à ce qui a été fait pour les armes chimiques, biologiques et nucléaires, aucun régime mondial de non-prolifération de ces armes » n'avait encore été mis en place.

« Le Protocole sur les armes légères fait partie d'un système plus large pour lutter contre le crime », rappelle encore l'agence de l'ONU qui précise qu'au cours des cinq dernières années, l'ONUDC a présidé à l'élaboration de cinq instruments importants de lutte contre la criminalité : la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée ainsi que ses trois Protocoles et la Convention contre la corruption.

A part cette dernière qui doit entrer en vigueur d'ici à la fin de 2005, les autres constituent déjà des mécanismes efficaces, estime Antonio Maria Costa, qui souligne que « les gouvernements sont maintenant sur la sellette, car c'est à eux de transformer les conventions en politiques et pratiques concrètes », notamment dans la perspective du lien constaté entre trafic de drogue, d'armes et le terrorisme.

 

 

Les exportations d'armes se poursuivent au détriment du développement

23 juin 2004 - Agence France-Presse - Paris

Les grands pays exportateurs d'armes (États-Unis, France, Grande-Bretagne, Chine et Russie) vendent les deux tiers de leur production aux pays du Sud, contribuant à alourdir la dette de ces derniers et à réduire leurs marges pour lutter contre la pauvreté, estime mercredi un rapport de l'ONG Oxfam.

«En 2002, les armes livrées en Asie, au Moyen-Orient, en Amérique latine et en Afrique constituent les deux tiers de la valeur totale des livraisons d'armes dans le monde», note ce rapport, intitulé Armer ou développer?, et réalisé après entretien avec les représentants de 17 pays membres de l'OSCE.

«En moyenne, 22 milliards de dollars (par pays) sont dépensés pour les armes en Asie, au Moyen-Orient et en Afrique chaque année», souligne-t-il. Or «cette somme aurait pu permettre à ces pays de scolariser chaque enfant et de réduire la mortalité infantile de deux tiers d'ici 2015», assure-t-il.

«En 1994, on estimait qu'un cinquième de la dette des pays en développement était due à l'importation d'armes, et les gouvernements continuent régulièrement à consacrer une large part de leur maigre budget aux dépenses militaires», explique le rapport.

«En 2002, 90% de toutes les livraisons d'armes en Asie, Moyen-Orient, Amérique latine et Afrique» provenaient «des cinq États membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies», c'est-à-dire des États-Unis, de France, de Grande-Bretagne, de Chine et de Russie, ajoute-t-il.

«Les principaux gouvernements exportateurs d'armes ne tiennent pas leurs promesse d'évaluer l'impact de ces exportations sur la pauvreté», regrette Oxfam.

«Aujourd'hui encore, les ventes d'armes sont autorisées, alors même qu'elle amputent les budgets censés être consacrés à l'éducation et qu'elles ébranlent la sécurité des populations et des droits humains», note-t-il, alors que les 189 pays membres de l'ONU se sont engagés en 2000 à réduire la pauvreté de moitié d'ici 2015, dans le cadre des «Objectifs du millénaire».

Les 17 pays interrogés dans le cadre de ce rapport «avaient signé des accords par lesquels ils s'engageaient à prendre en compte l'impact des ventes d'armes sur la pauvreté avant toute autorisation d'exportation», note Oxfam.

Or il apparaît que «presque 90% des gouvernements ne sont pas tenus de consulter leur ministère en charge du développement dans le processus d'exportations d'armes», ajoute-t-il.

Sur les 17 pays (dont les États-Unis, la Russie et les grands pays européens) qui s'étaient engagés, «seuls quatre (Bulgarie, Pays-Bas, Suède et Royaume-Uni) ont déjà refusé une vente pour des raisons liées au développement durable», et «dix considéraient cette idée comme possible», note le rapport.

«Les raisons de la pauvreté et des souffrances» des pays du Sud sont complexes et nombreuses» et ne se résument donc pas au commerce des armes, concède Oxfam.

Mais, souligne-t-elle, «en Afrique sub-saharienne, les dépenses militaires ont augmenté de 47% pendant la fin des années 1990 pendant que l'espérance de vie chutait à 46 ans», faute notamment d'argent pour acheter des médicaments, note le rapport.

Autre exemple souligné par Ofxam, le Pakistan, qui dépensait en 2002 «la moitié de son produit national brut (PNB)» pour son budget de Défense.

«Aujourd'hui, le monde consacre entre 50 et 60 milliards de dollars à l'aide au développement et 900 milliards de dollars à la défense», rappelle enfin l'ONG.

 

Texte de la Résolution de l'Assemblée générale des Nations Unies sur les principes régissant la réglementation et la réduction générales des armements du 14 décembre 1946

1. En application de l'article 11 de la Charte et pour affermir la paix et la sécurité internationale conformément aux Buts et aux Principes des Nations Unies

L'Assemblée générale, reconnaît la nécessité de procéder au plus tôt à une réglementation et à une réduction générales des armements et des forces armées.

2. En conséquence ,

L'Assemblée générale,

Recommande au Conseil de sécurité de mettre rapidement à l'étude l'élaboration, selon leur ordre d'urgence , des mesures pratiques qui sont indispensables pour réaliser la réglementation et la réduction généralisée des armements et des forces armées , et pour assurer le respect universel de cette réglementation et de cette réduction par la totalité des participants , et non pas leur respect unilatéral par quelques-uns d'entre eux . Les plans formulés par le Conseil de sécurité seront soumis par le Secrétaire général aux Membres des Nations Unies pour être examinés à une session spéciale de l'Assemblée générale . Les Traités ou Conventions approuvés par l'Assemblée générale seront soumis aux Etats signataires pour ratification , conformément à l'article 26 de la Charte.

3. Pour faire un pas décisif vers un but qu'il est urgent d'atteindre , à savoir d'interdire et d'éliminer des armements nationaux l'arme atomique et les autres principales armes adaptables , maintenant ou à l'avenir , à la destruction massive, et d'établir à bref délai un contrôle international englobant l'énergie atomique en même temps que les autres découvertes de la science et de la technique modernes et tendant à assurer leur emploi à des fins purement pacifiques,

L'Assemblée générale,

Prie instamment la Commission de l'énergie atomique de s'acquitter sans retard du mandat qui lui est confié aux termes de l'article 5 de la résolution adoptée par l'Assemblée générale le 24 janvier 1946.

4. Pour s'assurer que l'interdiction, la réglementation et la réduction générale des armements puissent porter sur les principales armes de guerre modernes et non pas seulement sur les armes secondaires,

L'Assemblée générale,

Recommande que le Conseil de Sécurité examine sans délai les rapports que la Commission de l'énergie atomique doit présenter au Conseil de sécurité et qu'il facilite les travaux de cette Commission , et aussi que le Conseil de sécurité achève le plus tôt possible l'examen d'une ou de plusieurs conventions relatives à la création d'un système international de contrôle et d'inspection ; ces conventions comprenant l'interdiction des armes atomiques et des autres principales armes adaptables , maintenant ou à l'avenir , à la destruction massive , et le contrôle de l'énergie atomique dans la mesure nécessaire pour assurer son utilisation à des fins purement pacifiques.

5. L'Assemblée générale,

Reconnaît , en outre , que la réglementation et la réduction générale des armements et des forces armées , exigent que soient assurées , au moyen d'inspections ou d'autres procédés , des garanties pratiques et efficaces protégeant les Etats respectueux de leurs obligations contre les risques de violations et de subterfuges.

En conséquence,

L'Assemblée générale,

Recommande au Conseil de sécurité de mettre à l'étude sans retard l'élaboration de propositions destinées à assurer les garanties pratiques et efficaces prévues ci-dessus en ce qui concerne le contrôle de l'énergie atomique et la réglementation et la réduction générales des armements.

6. Afin d'assurer l'adoption de mesures visant à instituer le plus tôt possible une réglementation et une réduction générales des armements et des forces armées ; à interdire l'emploi de l'énergie atomique à des fins militaires et à éliminer des armements nationaux les armes atomiques et toutes autres armes principales adaptables, maintenant ou à l'avenir, à la destruction massive ; et à contrôler l'énergie atomique dans la mesure nécessaire pour assurer son utilisation à des fins purement pacifiques,

Il sera établi dans le cadre du Conseil de sécurité, auquel incombe la responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité internationales , un système international tel qu'il est prévu au paragraphe 4 , qui opérera par les moyens d'organes spéciaux , dont les pouvoirs et les statuts seront définis par les dispositions conventionnelles en vertu desquelles ils auront été institués.

7. L'Assemblée générale,

Considérant le problème de la sécurité comme étroitement lié à celui du désarmement,

Recommande au Conseil de sécurité de hâter dans toute la mesure du possible la mise à sa disposition des forces armées visées à l'article 43 de la Charte;

Recommande aux Etats Membres de procéder, compte tenu des nécessités de l'occupation, au retrait progressif et équilibré de leurs forces stationnées sur les territoires ex-ennemis, et au retrait sans délai de leurs forces stationnées dans les territoires des Etats membres sans le consentement de ceux-ci librement et publiquement exprimé dans des Traités ou Accords compatibles avec la Charte et ne contredisant pas des accords internationaux;

Recommande, en outre, une réduction correspondante des forces armées nationales, ainsi qu'une réduction progressive et équilibrée des forces armées nationales.

8. Aucune des dispositions contenues dans la présente résolution ne modifiera la résolution de l'Assemblée générale adoptée le 24 janvier 1946 instituant la Commission de l'énergie atomique, ou n'en limitera la portée.

9. L'assemblée générale,

Fait appel à tous les Membres des Nations Unies pour qu'ils prêtent toute assistance au Conseil de sécurité et à la Commission de l'énergie atomique afin de favoriser l'établissement et la maintien de la paix internationale et de la sécurité collective en ne détournant vers les armements que le minimum de ressources humaines et économiques du monde .